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Conservation et valorisation du patrimoine audiovisuel

Mis à jour le mercredi 27 août 2008

  • L’UNESCO estime que le patrimoine audiovisuel mondial avoisine les 200 millions d’heures dont 50 millions seraient localisées en Europe. Sans précautions particulières de conservation ni de préservation, c’est-à-dire de stockage et transfert sur un autre support, la pérennisation de ce patrimoine est en danger.

    Dans cette perspective, Nicéphore Cité organisait en décembre dernier les Premières rencontres valorisation et conservation des contenus audiovisuels et photographiques.

    La conservation

    La durée de vie des films pellicule est corrélative des conditions de stockage. Généralement, un stockage pellicule à 14°, avec une hygrométrie à 60%, assure une durée de vie du support estimée à 75 ans. Un film conservé dans de bonnes conditions, à 6° et 60% d’hygrométrie peut quant à lui être sauvegardé 175 ans.

    Pour Boris Torodovitch, directeur du patrimoine cinématographique au CNC, les laboratoires dépositaires des films risquent de se désengager peu à peu de la partie conservation pellicule. Il faut donc prendre en charge cette sauvegarde et le CNC a décidé de développer sa capacité de stockage, avec une conservation à +ou- 5° à 30% d’hygrométrie, ce qui permettra de conserver les supports en bon état environ 5 siècles et ceux plus abîmés durant 3 siècles. 120 000 titres ont déjà été stockés.

    Un défi financier…

    La préservation représente une opération de sauvegarde pour laquelle l’Etat a déjà dépensé 80 millions d’euros en 15 ans, investissement qui a permis de sauver la majorité des films nitrate. Et 2 millions d’euros sont engagés chaque année pour la préservation et la restauration. Pour supporter de tels coûts, l’institution envisage une campagne d’ouverture aux mécènes intéressés par la restauration de ce patrimoine.

    …et technique

    Les missions de restauration sont loin d’être simples, Kodak ayant produit 319 variétés de pellicules depuis 1889, auxquelles s’associent les 8 formats, du 70mm au 8mm. Le choix de la résolution du transfert numérique dépend aussi de l’utilisation prévue : exploitation DVD, conservation patrimoniale, TV mobile…

    Un projet européen

    Membre du comité de coordination du projet européen PrestoSpace, l’INA développe, avec 33 partenaires internationaux, le concept d’une usine à sauvegarder offrant des prestations de migration automatisée (intégrant la numérisation, le stockage, la restauration, le développement et la gestion de métadonnées). Ce projet proposera un centre de compétences destiné à aider la communauté des archivistes et à soutenir le développement d’usines à sauvegarder. Néanmoins, un modèle de référence concernant le suivi de la migration reste encore à trouver…

    Vectracom, acteur historique de la préservation

    Vectracom, laboratoire broadcast fondé en 1991, présentait aux Journées de valorisation du Patrimoine ses prestations de restauration et de numérisation de programme vidéo et de films. La société propose également un service d’authoring DVD, de compression et de postproduction vidéo. En 15 ans, elle a numérisé au total 100 000 heures de programmes. Vectracom s’est investi sur plusieurs projets européens de sauvegarde et de valorisation du patrimoine cinéma et vidéo :

    • Le projet Brava, dédié au développement d’outils de restauration, a permis l’acquisition d’un système de restauration temps réel Archangel de Snell et Wilcox.
    • Avec le projet Capmed, la société développe aujourd’hui des chantiers de numérisation dans plusieurs pays du Bassin Méditerranéen.
    • Le projet PrestoSpace s’attache à développer une standardisation de la préservation.
    • La société développe aussi un projet de recherche dans le cadre du Pôle de Compétitivité "Image Multimédia et Vie Numérique". Une réflexion a été entamée sur les process industriels de restauration, de sauvegarde et de développement de catalogues de programmes en haute définition avec les partenaires Paris 8, Cinédoc (pour les fonds d’images), Netia (Pour le développement logiciel) et Let it wave (pour la partie up conversion linéaire).

    La valorisation

    Parmi les autres exposants de ces journées, la société On Situ se faisait l’ambassadrice de la valorisation des fonds d’images dans les domaines de la muséologie et du patrimoine. Avant la création de la société, ses deux créateurs participaient aux travaux de recherche de l’Institut de l’Image, laboratoire de l’ENSAM qui déploie des passerelles entre l’art et la technologie. Depuis 1989, ils effectuent des recherches autour des images de synthèse et de la réalité augmentée temps réel ou précalculées. Ils ont ensuite souhaité proposer une structure de conception et de production de "procédés visuels" appliqués à la muséographie et au patrimoine. On situ a créé une interface de consultation interactive, baptisée Corpus, permettant au visiteur de cheminer à loisir dans une constellation d’images sur grand écran. La consultation s’opère à l’aide d’un joystick. En parallèle, un écran 30 pouces affiche l’image sélectionnée et les informations attachées. Le Corpus, opérationnel pour des images stéréoscopiques, pourra également s’adapter à la consultation de séquences vidéo.

    Source : Sonovision n° 515

 


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